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← articles plus anciens 22 octobre 2016 son aquarelle a fait le tour du monde après l’attentat de nice, il l’expose à paris le soir du 14 juillet, l’artiste john mejia a envoyé au « monde » la peinture qu’il a faite à chaud en apprenant l’attentat. depuis, l’œuvre a pris une dimension inattendue. rien d’étonnant si le nom de john mejia ne vous est pas familier. mais il y a de fortes chances qu’une des œuvres de ce peintre colombien ne vous soit pas inconnue. le soir de l’attentat de nice , qui a vu les vies de 86 personnes être fauchées lors du feu d’artifice sur la promenade des anglais, l’artiste installé à mougins (alpes-maritimes) était en train de peindre lorsqu’il a appris la nouvelle. et spontanément, sans chercher à voir les images qui commençaient à circuler à la télévision, il a détourné ses pinceaux et peint, « en cinq minutes » , cette aquarelle reprenant les couleurs du drapeau français. john mejia vivant sur la côte d’azur, john mejia avait hésité, ce soir-là, à aller voir le feu d’artifice à nice, pour que sa famille colombienne en visite puisse profiter du spectacle. mais une longue balade dans la journée a ôté à tout le monde l’envie de ressortir. d’où les pinceaux et cette aquarelle qu’il a envoyée dans la nuit en message privé à la page facebook du monde – et qu’il expose les 21, 22 et 23 octobre au carrousel du louvre, à l’occasion du salon international d’art contemporain . au monde.fr , l’annonce de l’attentat a mis en branle notre dispositif afin d’assurer une couverture en direct . prévenus vers 23 heures, nous nous répartissons rapidement les rôles à distance, nuit et jour férié obligent, pour traiter cette actualité le mieux possible. etant l’un des social media editors du monde , je m’occupe au quotidien de distribuer l’information sur nos réseaux sociaux. dans un contexte d’attentat, prompt à voir circuler des rumeurs , il est important pour nous de raconter ce qu’il s’est passé, de vérifier les informations et d’explorer les images, vidéos et témoignages qui sont diffusés. c’est ce à quoi je m’attelle cette nuit-là, dans mon salon, essayant, en lien avec le reste de l’équipe, d’expliquer avec les éléments qui nous arrivent comment cette « soirée cool » , pour reprendre les mots d’un journaliste niçois ayant très rapidement témoigné en ligne , est devenue « l’horreur » . un dessin parmi d’autres au milieu des images et vidéos de l’attentat qui circulent sur les réseaux sociaux et de nombreux médias, et entre deux points sur « ce que l’on sait de l’attaque , et ce que l’on ignore encore », je vérifie régulièrement les messages privés reçus sur la page facebook du monde. nous y recevons fréquemment des témoignages directs de personnes que l’on contacte parfois par la suite, et ce fut le cas aussi cette nuit-là. parmi les messages de soutien venus du monde entier, des personnes nous racontent ce qu’elles ont vécu et des dessins d’hommage commencent à nous parvenir. parmi eux, à minuit et demi, figure l’aquarelle de john mejia, envoyée par sa femme sans autre forme de message. depuis l’attentat de charlie hebdo , en janvier 2015, nous observons ce phénomène à chaque nouvel attentat : de nombreuses œuvres nous parviennent, et nous tâchons de leur offrir une existence soit dans nos directs, soit dans des albums photo sur facebook . nous avons même un message type que nous envoyons aux lecteurs afin de leur demander l’autorisation de publier leur dessin. c’est ce que je fais avec l’aquarelle, et rapidement cette autorisation nous est donnée. néanmoins, quelques heures à peine après l’attentat, j’estime qu’il est trop tôt pour que le monde publie des images d’hommage. chaque chose en son temps, la priorité pour nous est à ce moment-là de tenter de comprendre et de raconter ce qu’il s’est passé. mais, touché par l’aquarelle, qui raconte en quelques traits la triste soirée niçoise, je la diffuse sur mon compte twitter personnel au milieu de la nuit. au petit matin, en faisant mon relais à ma collègue venue me remplacer, je lui dis notamment de surveiller les dessins qui nous arrivent, et de voir à quel moment on pourra commencer à les diffuser. une lectrice du @lemondefr nous envoie ce dessin après l’attaque de #nice . dire que l’été était arrivé… pic.twitter.com/mjdlitpdgx — clément martel (@martelclem) 15 juillet 2016 au matin du 15 juillet, à sa « grande surprise » , john mejia « voit [s] on dessin partout ». le tweet a fait le tour du monde, et des médias du monde entier essaient d’entrer en contact avec lui pour pouvoir reprendre son aquarelle. et nous la diffusons dans le direct du monde.fr à la mi-journée. aujourd’hui encore, lorsque l’on cherche « attentat de nice » dans google, l’aquarelle est l’une des premières images à apparaître. loin d’avoir anticipé un tel destin à sa peinture, john mejia s’est rendu sur la promenade des anglais à sa réouverture, deux jours après l’attentat. un souvenir « horrible qui donne envie de pleurer » , confie celui dont une amie a perdu plusieurs proches le 14 juillet. il souhaite que la peinture reste à nice arrivé en france lors de la coupe du monde de 1998 dans le sillage de l’équipe de colombie, john mejia, qui confie dessiner depuis qu’il est tout petit, n’est jamais reparti. resté en france, il commence à prendre des cours de peinture, et à définir son style. l’artiste d’aujourd’hui 40 ans avoue avoir eu envie de peindre après avoir découvert les œuvres de son compatriote fernando botero, et il s’inspire de gustav klimt et de lucian freud. sa promenade des anglais tricolore n’est pas le premier tableau qu’il peint en résonance avec l’actualité : en 2008, une exposition lui avait été consacrée au consulat de colombie à paris, sur le thème des otages. « on était envahi par cette question en colombie, et la peinture est pour moi une façon d’exprimer cette pression » , explique l’artiste. après plusieurs expositions, notamment au salon de la porte de versailles à paris en 2009, john mejia a décidé de mettre de côté ses pinceaux en 2012. il les a repris au début de 2016, pour une série consacrée à la côte d’azur, dont une petite partie est exposée jusqu’à dimanche soir au carrousel du louvre. « impressionné par la dimension qu’a prise » sa peinture de 45 par 25 centimètres, « le peintre de nice » , comme il est désormais surnommé, avoue avoir rejeté plusieurs offres fermes d’achat de son œuvre. ne souhaitant surtout pas « en faire une histoire d’argent » , john mejia veut que le tableau « reste à nice » , car il estime qu’il fait désormais « partie de l’histoire de la ville et du pays ». ayant déjà démarché la mairie dans ce sens, l’artiste espère être approché par le musée d’art moderne et d’art contemporain de nice (mamac). en attendant, une fois l’exposition parisienne terminée, le tableau et une trentaine d’autres œuvres de john mejia seront bientôt exposés dans un salon du stade de nice, l’allianz riviera. clément martel publié dans non classé | 4 commentaires 12 octobre 2016 mammographie et facebook : du choix d’image et de ses conséquences « comment j’illustre cet article ? » est une question récurrente dans un journal, et particulièrement sur son site web. l’image, sur internet, est un élément crucial, celui qui va « accrocher » ou pas le lecteur, et lui donner envie de lire le contenu. si nombre de sujets d’actualité permettent une illustration contextualisée, en rapport direct avec le propos de l’article, dès lors que l’on parle d’un sujet plus « froid », par exemple de santé, on doit recourir à des clichés d’illustration. ne pas montrer de sein… même pour évoquer le cancer du sein mardi 11 octobre, nous avons écrit un article sur la question des dépistages systématiques du cancer du sein. ceux-ci sont remis en cause dans leur efficacité par plusieurs études, qui soulignent une souffrance et un coût parfois élevés pour des résultats finalement peu efficients. pour illustrer cet article, nous avons choisi une image qui nous semblait la plus adéquate : celle d’une mammographie. le